A découvrir chaque année, de septembre à février
Introduction
Regarder autrement
Une œuvre d’art ne se révèle jamais entièrement au premier regard. Elle demande du temps, de l’attention et une part de curiosité.
Les artistes réunis dans ce parcours appartiennent à des générations, des disciplines et des univers très différents. Photographie, peinture, sculpture, gravure, verre ou création brute : chacun développe un langage qui lui est propre. Pourtant, tous partagent une même conviction : l’art est une invitation à voir autrement.
Leurs œuvres explorent la lumière, la matière, le paysage, la mémoire, l’espace, la nature ou la condition humaine. Elles ne cherchent pas à imposer un sens unique. Elles ouvrent un dialogue, éveillent une émotion et laissent à chacun la liberté de construire son propre regard.
Ce carnet ne prétend pas expliquer les œuvres. Il propose quelques repères pour découvrir la démarche de chaque artiste, avant de laisser place à l’essentiel : votre rencontre avec elles.
Prenez le temps d’observer. De vous laisser surprendre. De revenir en arrière, s’il le faut. Une œuvre ne change pas ; c’est souvent notre regard qui évolue.
Bonne visite.
1er étage
Artistes de Durbuy et sculptures contemporaines
Salle 1
MARTIN DELLICOUR
Né en 1980 à Verlaine (Durbuy)
Vit et travaille à Érezée
« La photographie m’aide à regarder intensément les choses. »

Photographe, graphiste et réalisateur audiovisuel, Martin Dellicour développe une œuvre profondément inspirée par la nature.
Récompensé à deux reprises au Festival Nature Namur, il explore les paysages de l’Ardenne belge et d’autres régions d’Europe à la recherche d’images authentiques, où simplicité et minimalisme occupent une place essentielle.
Pour lui, photographier est avant tout une manière de porter un regard attentif sur le monde. Ses images naissent de la rencontre entre la patience, une lumière imprévisible et un paysage en perpétuelle évolution. Loin de rechercher le spectaculaire, il montre que la beauté peut se révéler dans les détails les plus simples.
« La beauté et l’intérêt se glissent souvent dans le détail, dans la simplicité, dans la singularité. »
JEAN-MICHEL FOLON
1934 – 2005
Né à Uccle
« Je ne comprends pas mes images, et chacun est libre de les comprendre comme il veut. J’ai seulement essayé de fixer mes propres rêves, avec l’espoir que les autres y accrochent les leurs.»
Peintre, illustrateur et sculpteur, Jean-Michel Folon est l’un des artistes belges les plus célèbres au monde. Son univers, peuplé de silhouettes, d’oiseaux et d’arbres, mêle poésie, rêve et réflexion sur la condition humaine.
À travers des formes simples et épurées, il aborde des thèmes universels comme la liberté, le voyage, l’espoir ou la relation entre l’homme et la nature. Ses œuvres ne donnent pas de réponses : elles invitent chacun à imaginer sa propre histoire.
Salle 2
L’ATELIER 17
Barvaux-sur-Ourthe (Durbuy)
« Créer pour créer, tout simplement. »

L’Atelier 17, service d’accueil de jour de l’ACIS Clairval, accueille des personnes en situation de handicap mental.
De nombreuses activités leur sont proposées, dont l’atelier créatif.
Cet espace d’expression, de création et d’épanouissement personnel permet à chacun de développer son langage artistique à son rythme, selon ses envies. Accompagnés par une équipe éducative spécialisée, les participants expérimentent librement différentes techniques artistiques.
Le bien-être, l’acceptation des différences, la valorisation des compétences et l’estime de soi sont les principaux objectifs à atteindre.
Les œuvres présentées sont le fruit d’une démarche profondément personnelle, où l’expression prime sur la performance ou la recherche de reconnaissance
« L’art brut qualifie un art réinventé par son auteur à partir seulement de ses propres impulsions. » — Jean Dubuffet
L’Atelier 17 s’inscrit dans cette démarche de création spontanée et authentique. Toutefois, toutes les personnes en situation de handicap ne relèvent pas de l’Art Brut : ce courant artistique se distingue avant tout par une inventivité singulière, indépendante des codes et des influences du monde de l’art.
DIMITRI PICHELLE
Né à Namur en 1975
Vit et travaille à Mesnil-St-Blaise
« Créer, c’est avancer. Chaque œuvre est une étape, une empreinte sur le chemin d’une quête où la matière se fait langage et le geste devient pensée. »

Dimitri Pichelle développe depuis plus de trente ans une œuvre où la matière devient un véritable langage. Après avoir exploré l’abstraction, les bas-reliefs et les recherches autour de la texture, il s’oriente progressivement vers une sculpture figurative immédiatement reconnaissable.
Ses petits personnages, souvent confrontés à des objets démesurés, racontent des histoires simples en apparence mais riches de sens. Avec poésie, humour et sensibilité, ils évoquent l’espoir, le dépassement de soi, la protection de la nature ou encore la capacité de chacun à transformer le monde.
« L’art, à mes yeux, ne peut être réservé à quelques initiés : il doit rester libre, accessible, ouvert à tous. »
Les trois sculptures présentées au DHAM illustrent cette démarche. Qu’il s’agisse de repeindre symboliquement le monde (Let’s color this world), de soigner une nature blessée (Healer) ou de poursuivre un rêve qui semble inaccessible (Shortcut to the moon), chacune invite le visiteur à imaginer sa propre histoire et à porter un regard neuf sur notre époque.
Salle 3
GILBERT LALOUX
Né en 1945 à Houx
Vit et travaille à Durbuy depuis 1996
« Être à contre-courant des modes, ne pas me laisser enfermer dans des tiroirs a toujours été mon propos. »

Peintre, sculpteur, dessinateur, joaillier, créateur de vitraux et poète, Gilbert Laloux développe depuis plus de soixante ans une œuvre profondément libre. Formé aux Beaux-Arts de Namur puis à Saint-Luc à Liège, il refuse de se limiter à une seule technique ou à un seul courant artistique. Chaque médium devient pour lui une nouvelle manière d’exprimer une même sensibilité.
Au fil des décennies, son univers s’est nourri de musique, de littérature, de voyages et de mythologie. Parmi les thèmes qui traversent son œuvre, le masque occupe une place essentielle. Tantôt mystérieux, tantôt protecteur, il interroge l’identité, les apparences et ce qui se révèle au-delà du visage.
« Ce déluge de masques, cette overdose de visages ou de masques sans visage… scrutent le fond de l’âme. »
Ses œuvres invitent le visiteur à dépasser la première impression pour entrer dans un univers où couleurs, symboles et poésie dialoguent librement. Plus qu’une recherche esthétique, Gilbert Laloux revendique une véritable liberté de créer, fidèle à ses intuitions et à son imaginaire.
SERGE GANGOLF
1943 – 2025
Né à Wegnez (Pépinster)
« Je cherche avant tout l’harmonie des formes. »

Sculpteur majeur de l’abstraction géométrique belge, Serge Gangolf a développé une œuvre où lignes, courbes et volumes dialoguent avec l’espace.
Lauréat du prestigieux Prix de Rome en 1974, il est l’auteur de plus de septante sculptures monumentales installées en Belgique et à l’étranger, faisant de lui l’un des sculpteurs belges les plus présents dans l’espace public.
Pour Serge Gangolf, une sculpture ne se limite pas à sa matière. Elle prend tout son sens dans le dialogue qu’elle entretient avec son environnement. Les vides, la lumière et les perspectives font partie intégrante de l’œuvre et invitent le regard à circuler autour d’elle.
Cercles, sphères, piliers, courbes ou portiques ouverts composent un vocabulaire plastique immédiatement reconnaissable. À partir des années 2000, sa série Open approfondit cette recherche en ouvrant littéralement la sculpture sur le paysage, faisant de l’espace un élément de la composition.
À travers ses œuvres, Serge Gangolf poursuit une recherche constante d’équilibre, de mouvement et de pureté, où chaque forme invite le spectateur à porter un regard nouveau sur l’espace qui l’entoure.

Salle 4
ALAIN LOVENBERG
Né en 1950 à Aisne (Durbuy)
Y vit et y travaille toujours
« Chaque gravure est une pièce unique, née du dialogue entre la matière, l’artisan et son commanditaire. »

Maître graveur sur armes depuis 1972, Alain Lovenberg perpétue un savoir-faire d’exception hérité de la grande tradition armurière liégeoise. Formé à l’Ecole de Liège, il s’est installé dans cette ville comme artisan indépendant avant de revenir dans son village natal pour y travailler dans le calme. Son atelier se trouve maintenant à Tohogne, à deux pas de Durbuy. Cet espace plus grand que son atelier initial lui a donné l’opportunité d’y donner des stages d’initiation et de perfectionnement à la gravure.
Il travaillé pour de prestigieuses manufactures d’armes de chasse telles que Lebeau-Courally, Purdey, Holland and Holland, Hartmann and Weiss et aussi pour de grandes maisons d’horlogerie suisses ainsi qui pour sa clientèle privée.
Son travail est reconnu bien au-delà des frontières belges. Il réalise des pièces pour une clientèle internationale et compte parmi ses élèves plusieurs artisans devenus à leur tour des références dans leur domaine.
À partir d’un dessin préparatoire, chaque décor est entièrement gravé à la main, au marteau et au burin. Taille douce, ciselure, incrustations d’or, d’argent ou de pierres précieuses : chaque technique exige une précision extrême et des centaines d’heures de travail. Aucune pièce n’est identique à une autre ; chacune est conçue en fonction de l’objet, de ses matériaux et des souhaits du commanditaire.
« Aujourd’hui, seuls quelques dizaines de maîtres graveurs perpétuent encore cet artisanat d’excellence. »
CHARLES-HENRY SOMMELETTE
Né en 1984
Vit et travaille à Barvaux-sur-Ourthe
« L’ordinaire est stimulant, l’inframince est inépuisable. »
Depuis plus de vingt ans, Charles-Henry Sommelette développe une œuvre fondée sur l’observation attentive du monde qui l’entoure. À travers le fusain, le graphite et la peinture, il explore les variations les plus discrètes du paysage : une lumière changeante, une présence, une mémoire, une atmosphère. Loin de rechercher l’exceptionnel, l’artiste s’intéresse à ce qui est déjà là. Ses œuvres invitent à ralentir le regard, à observer les transformations silencieuses des lieux familiers et à redécouvrir la richesse du quotidien.
« Je vise l’immobilité des choses. »
Salle 5
DANIEL SERET
Né en 1948 à Durbuy
Vit et travaille à Melreux
« L’art est un outil de participation. »
Né à Durbuy, où il a vécu jusqu’en 2022, Daniel Seret est peintre, animateur culturel et théoricien. Depuis plus de cinquante ans, il développe une œuvre où la création artistique est indissociable de l’engagement social et du territoire.
Pour lui, peindre ne consiste pas seulement à produire des images. L’art est avant tout un moyen de créer du lien, de partager des expériences et de faire dialoguer les individus. Cette vision le conduit à fonder en 1981 l’ASBL CREAN (CREation ANimation) et à participer à la création du Miroir Vagabond, deux initiatives plaçant la création collective au cœur de leur démarche.
Sa peinture mêle expressionnisme, mémoire et récit. Inspirée par le monde rural et l’histoire des femmes et des hommes qui l’habitent, elle invite chacun à porter un regard personnel sur les lieux, les événements et les liens qui façonnent notre société.
« Une œuvre n’existe pleinement que lorsqu’elle crée une rencontre. »
2e étage
Trois figures majeures de la création belge francophone
LOUIS LELOUP
1929 – 2025.
Né à Seraing
« Le cristal est une matière vivante. »

Maître verrier belge, Louis Leloup a consacré plus de septante ans à explorer les possibilités du cristal. Héritier du savoir-faire du Val Saint-Lambert, il développe une technique d’une virtuosité exceptionnelle, réalisant notamment des œuvres soufflées à cinq cannes, longtemps considérées comme impossibles.
À travers ses sculptures, il recherche l’équilibre entre transparence, lumière et mouvement. Chaque création révèle une parfaite maîtrise du geste, où la prouesse technique s’efface au profit de la poésie des formes.
Présent dans de nombreuses collections publiques et privées, Louis Leloup a exposé sur plusieurs continents. Son œuvre a notamment donné naissance, en 1997, au Musée Louis Leloup de Kyoto, au Japon, qui conserve plus de 750 de ses créations. En 2003, il présente personnellement la « Madone de la Lumière », œuvre d’environ un mètre de haut, au Pape Jean-Paul II.

Disparu en 2025, Louis Leloup laisse derrière lui une œuvre majeure de l’art verrier contemporain. Son talent a fait rayonner le savoir-faire belge à travers le monde.
MARCEL LUCAS
1927 – 2010
Né à Bruxelles
« Il n’y a pas de personnage dans ma peinture parce que le personnage, c’est le spectateur. »

Maître de l’aquarelle, Marcel Lucas a développé un univers où la let lumière, la couleur et l’architecture se mêlent pour créer des espaces imaginaires. Ses œuvres invitent le visiteur à entrer dans le tableau et à devenir lui-même le voyageur de paysages silencieux et intemporels.
Profondément inspiré par les grands maîtres de la lumière, mais aussi par l’architecture, les arbres et les villes, il construit des compositions où la perspective semble s’étirer à l’infini. Chaque aquarelle devient une invitation à ralentir, à observer et à laisser libre cours à l’imagination.
Partenaire historique du DHAM, Marcel Lucas occupe une place particulière dans la collection permanente du musée. Grâce au soutien de la Fondation Marcel Lucas, les œuvres présentées sont régulièrement renouvelées, permettant de découvrir les différentes facettes d’une œuvre riche et en constante évolution.
ANDRE SPRUMONT
Né en 1938 à Andenne
Y vit et y travaille toujours
« La peinture est une voie vers le silence. »

Peintre autodidacte, André Sprumont développe depuis plus de soixante ans une œuvre où la couleur, la matière et le geste deviennent les principaux vecteurs de l’émotion. Après une période figurative, il s’oriente vers l’abstraction lyrique, construisant un univers profondément personnel, marqué par le silence, la poésie et la contemplation.
Ses compositions, souvent organisées autour d’un noyau central, jouent avec les grands espaces colorés, les textures et les reliefs. L’huile, le tissu, le crépi ou encore le bois participent à cette recherche d’un langage pictural où la matière devient elle-même source d’expression.
Depuis 2022, une sélection d’œuvres d’André Sprumont est entrée dans la collection permanente du DHAM grâce à une importante donation de l’artiste. Fidèle au musée, il y présente également chaque année une sélection de ses créations les plus récentes, permettant au public de découvrir l’évolution de son travail et aux collectionneurs d’acquérir certaines de ses œuvres.
Un coup de cœur pour une œuvre ?
Plusieurs artistes présentés dans ce parcours poursuivent aujourd’hui leur activité. Consultez la liste des coordonnées mise à votre disposition dans l’espace d’accueil pour prolonger la découverte ou acquérir une œuvre originale ou en cliquant ci-dessous
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6940 Durbuy
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